Les récentes décisions de l'UFC continuent de faire des vagues dans le milieu du MMA. En l'espace de quelques semaines, l'organisation a laissé partir Michael « Venom » Page, fort d'un bilan de 5-1 dans l'octogone, ainsi que Farid Basharat, pourtant invaincu en carrière et auteur d'un sans-faute de 7-0 au sein de la ligue. Des départs motivés en coulisses par un manque d'engouement populaire ou une propension à aller à la décision, ce qui a fait bondir l'ancien champion des poids mouches et membre du Hall of Fame, Demetrious Johnson.

S'exprimant sur sa chaîne YouTube, « Mighty Mouse » a ouvertement critiqué le décalage entre le discours officiel des promoteurs et la réalité du modèle économique :

« On a souvent entendu Dana White affirmer : "Nous voulons les meilleurs combattants au monde dans notre organisation", avant d'ajouter qu'ils ne sont pas assez spectaculaires. Dans un véritable sport où s'affrontent les meilleurs, même s'ils ne sont pas divertissants, on ne s'en débarrasse pas. S'ils continuent de gagner, ils doivent rester. Gagner mon combat signifiait que je méritais ma place. À l'UFC, vous pouvez enchaîner les victoires, ils sont capables de vous virer si vous ne faites pas vendre, ou même d'envisager de supprimer votre catégorie. »

Pointant du doigt une fracture de plus en plus nette entre mérite sportif et divertissement pur, Johnson réclame davantage de transparence envers le public et les athlètes :

« Ce sont des hypocrites. Ils disent une chose et font exactement le contraire. J'aimerais simplement que l'UFC soit honnête sur le produit qu'elle vend. Qu'on ne vienne pas me dire qu'on rassemble les meilleurs athlètes quand on laisse filer les plus performants. Je préférerais que l'UFC assume et dise : "Nous n'avions pas les moyens de le payer, nous sommes contents que Michael Page gagne plus d'argent en boxe chez Misfits". »

Pour l'ancienne légende de l'octogone, cette sélection basée sur le profil des combattants empêche l'organisation d'être perçue comme une ligue sportive classique :

« Dans un sport, la personne qui gagne devrait être la mieux rémunérée et avoir la garantie de rester. Avec le départ de Michael Page, il gagne désormais plus chez Misfits qu'à l'UFC. Quand on parle d'art martial mixte sous le prisme du spectacle, l'UFC choisit qui va attirer l'attention, qui va remplir les salles et qui colle à sa narration. C'est totalement différent d'une véritable ligue sportive. »


Source : Heavy