L'aventure d'Alex Pereira (13-4-0 MMA, 10-3-0 UFC) dans la division reine pourrait rapidement atteindre un carrefour décisif. Le 12 décembre prochain, la star brésilienne fera son retour dans la cage lors de l'UFC 335 à la T-Mobile Arena de Las Vegas pour y défier le terrifiant russe Sergei Pavlovich (21-3-0 MMA, 9-3-0 UFC). Une confrontation aux allures de demi-finale qui déterminera le prétendant numéro un chez les poids lourds, mais qui comporte un risque immense pour l'ancien double champion.
Sur sa chaîne YouTube, le membre du Temple de la renommée de l'UFC Michael Bisping a posé un regard lucide sur les conséquences directes d'un éventuel échec du Brésilien, qui afficherait alors un bilan de 0-2 dans la catégorie :
« S'il perd face à Pavlovich — et c'est une possibilité bien réelle —, que fera-t-il ensuite ? Il ne sera plus du tout en course pour le titre. Il ne lui suffirait pas de gagner un combat pour revenir, il lui faudrait en enchaîner deux ou trois. Est-ce qu'Alex Pereira a vraiment envie de faire ça ? Veut-il redevenir un simple prétendant dans le peloton des poids lourds, ou ne vise-t-il que les ceintures ? Au vu de son statut, il pourrait redescendre chez les poids mi-lourds pour disputer un combat pour le titre direct, mais il s'y refuse. Ajoutez à cela la fortune colossale qu'il a déjà amassée, à plus de cinq millions de dollars par apparition... Il n'a plus rien à prouver financièrement. »
Au-delà de la motivation mentale, l'analyste britannique pointe des limites morphologiques et biomécaniques évidentes face aux mastodontes naturels de la division :
« Pourrait-ce être la fin de la carrière d'Alex Pereira à l'UFC ? Je ne l'affirme pas, car il existe un scénario où il gagne ce combat. S'il sort Pavlovich, il sera de nouveau dans la course pour défier le vainqueur entre Ciryl Gane et Josh Hokit. Mais c'est un énorme point d'interrogation, car le style d'Alex est très ancré sur ses appuis. Il a une puissance de KO insensée, mais il n'est ni particulièrement léger sur ses pieds, ni bondissant, ni très agile. Il avance, trouve sa cadence et éteint la lumière sur un seul coup. Sauf que chez les poids lourds, cette approche fonctionne moins bien. Les adversaires encaissent des frappes plus lourdes, frappent eux-mêmes bien plus fort et possèdent ce gabarit naturellement, sans avoir forcé la prise de masse. »
Source : Heavy