La trajectoire de Volkan Oezdemir connaît un coup d'arrêt majeur. Alors qu'il s'était relancé en novembre dernier dans la catégorie des poids mi-lourds en mettant KO Alonzo Menifield en moins de 90 secondes au Qatar, le Fribourgeois a vu son avenir s'assombrir lors de sa convalescence consécutive à une opération de la cheville droite. Fort d'un parcours de 29 combats professionnels, le premier Suisse de l'histoire de l'UFC a été testé positif lors d'un contrôle antidopage inopiné.
L'origine de cette infraction remonte à une prise de contact sur les réseaux sociaux après sa victoire au Moyen-Orient. Volkan Oezdemir a été approché sur Instagram par un professionnel de la santé basé à Genève, se présentant comme un fan influent disposant d'une société aux Émirats arabes unis. En pleine réflexion sur son après-carrière à 36 ans, le combattant s'est laissé séduire par des promesses de mécénat, de sponsoring et de projets de création de salles d'entraînement en collaboration avec une famille royale locale.
C'est lors de leur deuxième rencontre, alors que l'athlète reprenait tout juste l'entraînement, que la discussion a dévié sur la récupération physique. Suivant les conseils de cet interlocuteur qui affirmait épauler d'autres sportifs, Volkan Oezdemir a accepté une fiole d'Eprex (une version de synthèse de l'EPO) et a procédé à une injection le soir même. Trois jours plus tard, la Combat Sports Anti-Doping (CSAD), l'organisme indépendant chargé du programme antidopage de l'UFC, réalisait un contrôle à son domicile qui s'est révélé positif, mettant fin à une série de cinquante tests négatifs en huit ans de carrière.
Face à une menace de suspension pouvant aller jusqu'à quatre ans, ce qui aurait signifié la fin de sa carrière, Volkan Oezdemir a choisi de collaborer pleinement avec les enquêteurs en fournissant l'ensemble des éléments. Cette position lui a permis de voir sa sanction réduite à seize mois, ce qui rend un retour dans la cage envisageable au milieu de l'année prochaine. En devançant la communication officielle de l'UFC, le combattant a exprimé ses regrets envers ses proches et ses supporters, expliquant avoir cédé à la pression financière liée au système des bourses et à sa vulnérabilité du moment, tout en espérant que son témoignage serve de prévention pour d'autres athlètes helvétiques.
Source : 20 Minutes