Pour Kyle Prepolec, ce déplacement dans la capitale serbe revêt une dimension sentimentale et familiale toute particulière. D'origine serbo-croate par sa mère, le natif de Windsor effectue un véritable retour aux sources sur les terres où sa famille a grandi avant d'émigrer en Amérique du Nord : « C'est fantastique. C'est là que ma mère a grandi avant qu'ils n'émigrent au Canada. Je suis à moitié serbe, à moitié croate, alors soit les gens vont aimer, soit ils ne vont pas aimer, ou peut-être qu'ils se diront : "Ce gars est un hybride !" »
Si combattre à Las Vegas reste toujours sur sa liste d'objectifs, l'opportunité de se produire à Belgrade constitue une étape précieuse. Un message d'apprentissage qu'il transmet volontiers à la nouvelle génération : « Je dis aux jeunes athlètes, que ce soit dans ce sport ou un autre : si tu as l'occasion de voyager en faisant ce que tu aimes et de pratiquer ton sport, profite de tout, parce que la vie est déjà bien assez courte et que tout passe très vite. Alors embrasse tout ça et tu auras de superbes histoires à raconter une fois terminé. »
Un parcours semé d'embûches et d'épreuves de santé
Arrivé pour la première fois à l'UFC au printemps 2019 après avoir accumulé un bilan de 14-5 sur le circuit régional, Prepolec a connu un parcours chaotique. Acceptant un premier combat en court préavis et dans une catégorie supérieure face à Nordine Taleb, il s'est incliné par décision avant de subir un second revers contre Austin Hubbard quelques mois plus tard.
C'est après ce deuxième combat que le Canadien a dû faire face à un grave problème médical : une rhabdomyolyse, une affection potentiellement mortelle caractérisée par une destruction rapide du tissu musculaire. Libéré par la promotion au début de la pandémie de COVID-19, il a passé plus de deux ans loin des cages avant de relancer sa carrière avec quatre victoires en cinq combats. L'an dernier, il a de nouveau répondu présent en remplacement de dernière minute pour affronter le Français Benoît Saint-Denis à Montréal (défaite par soumission au 2e round), avant de livrer une guerre mémorable contre Drew Dober à Vancouver, récompensée du bonus de Combat de la nuit.
« La victoire est très importante, mais l'expérience et le voyage le sont tout autant »
Toujours en quête d'un premier succès dans l'octogone après quatre apparitions sous le pavillon de l'UFC, Prepolec aborde ce rendez-vous avec une maturité exemplaire. Il refuse de se laisser paralyser par le regard extérieur et la pression des réseaux sociaux : « Évidemment, tout le monde veut gagner, mais les gens ne voient que ce qu'ils voient. Ils ne voient pas l'envers du décor, le fait que tu sois tout le temps à la salle, que tu ne bois pas, que tu ne fais pas la fête et que tu manques des événements familiaux. Les gens ne voient pas ça et ne savent pas à quel point un gars travaille dur. »
« La victoire est super importante, mais l'expérience et le voyage le sont tout autant. Ce n'est pas toujours le début ou la fin, mais tout ce qu'il y a entre les deux qui compte. Avec les défaites que j'ai eues, je suis toujours ressorti meilleur. En tant qu'être humain, la reconnaissance et l'appréciation de la vie en général ont grandi grâce à ces défaites, ce qui te rend encore plus reconnaissant pour les victoires. »
Le Canadien ne garde aucun filtre sur les critiques en ligne : « Certaines personnes prennent les défaites très durement, ce qui est bien parce que ça veut dire que ça te tient à cœur. Mais je pense aussi que c'est parce que tu t'inquiètes de ce que pensent tous les autres au lieu de penser à ceux qui t'aiment. Une fois le combat fini, il y a deux ou trois personnes sur Internet qui disent de la merde ici et là, mais en dehors de ça, tu te promènes et les gens disent : "Hé, c'est le gars qui se bat à l'UFC !" Ce n'est pas aussi cruel que les gens le pensent. Coupe tes écrans, ne lis pas toutes ces conneries ! Qui s'en soucie ? Ces gens ne sont pas dans ta vie, ne paient pas tes factures, alors on s'en fout. »
« Dans ma catégorie, chaque affrontement est un combat de boss »
Opposé à Mateusz Rebecki — un combattant lui aussi sous pression après avoir concédé quatre défaites lors de ses cinq dernières sorties —, Prepolec s'attend à un feu d'artifice dans la cage : « C'est juste un jour de plus où j'ai la chance de faire quelque chose que peu de gens ont l'opportunité de vivre. Tu y vas, tu fais ton truc, tu te bats, tu es toi-même et tu profites de l'aventure. Dans ma catégorie, il n'y a pas de combats faciles, chaque affrontement est un combat de boss. C'est comme dans un jeu vidéo, un boss après l'autre. »
« Je vais y aller, offrir du spectacle et chercher la victoire par tous les moyens possibles. S'il cherche le takedown et que je lui prends le cou, ou s'il veut échanger debout, on verra. S'il tente une frappe large et que je le cueille de plein fouet — un peu comme McGregor contre Aldo —, fantastique ! Si c'est rapide et que je gagne, génial ! Si c'est 15 minutes d'enfer et qu'il survit pour qu'on décroche le combat de la nuit, fantastique ! S'il me faut 5 ou 10 minutes d'intensité pour avoir une performance de la nuit, super. Je sais comment il se bat, il sait comment je me bats : on va entrer dans la cage et tout donner, c'est notre style. »
Fiche combat et prono
Mateusz Rebecki vs. Kyle Prepolec
