Le 16 mai prochain, l’octogone retrouvera l’une de ses figures les plus emblématiques pour une parenthèse enchantée qui ressemble pourtant à un adieu définitif. Dix ans après son retrait brutal de la compétition, Ronda Rousey s'apprête à croiser le fer avec Gina Carano. Si l'annonce de ce choc a enflammé la sphère médiatique, l'ancienne double championne a tenu à refroidir les ardeurs de ceux qui imaginaient un retour à plein temps. Sa priorité est désormais ailleurs, loin des projecteurs et des coupes de poids, ancrée dans la quiétude de son foyer auprès de Travis Browne et de leurs enfants.

Ronda Rousey a été d'une clarté limpide lors de son passage au micro du « Breakfast Club ». Ce combat face à Gina Carano n'est pas une quête de rédemption financière ou une tentative désespérée de retrouver sa gloire passée. Elle refuse de succomber à « la maladie du dragon », ce besoin insatiable d'accumuler des richesses au détriment du temps précieux passé avec les siens. Pour elle, la bourse de ce combat n'est qu'un outil pour acheter sa liberté future, et non une fin en soi. Seul un scénario dantesque, une joute d'une intensité telle qu'elle exigerait une trilogie, pourrait la pousser à renier sa parole et son souhait de retraite.

Ce retour aux affaires se place sous le signe d'une amitié surprenante entre les deux pionnières du MMA féminin. Ronda Rousey a d'ailleurs admis avoir orchestré cette opportunité pour soutenir Gina Carano, dont la carrière à Hollywood a subi de sérieux revers ces dernières années. Pour autant, il ne faudra pas compter sur la moindre clémence. L'ancienne reine des poids coqs prévient que son affection pour son adversaire s'évaporera dès que la porte de la cage se refermera. Son instinct, forgé sur les tatamis de judo, reste celui d'une technicienne qui cherche la soumission avant tout. Elle brise des bras depuis l'âge de quatorze ans et Gina Carano, malgré les liens qui les unissent, ne fera pas exception à la règle.

L'objectif affiché est d'offrir une conclusion digne de ce nom à une carrière qui s'était achevée sur deux revers cuisants par KO. En s'éloignant des structures habituelles et des matchmakers de l'UFC, Ronda Rousey s'offre le luxe de choisir son propre épilogue. Que le dénouement soit une soumission ou un combat acharné, elle semble avoir déjà trouvé la paix intérieure. Elle voit dans ce futur affrontement une forme de respect ultime, une intimité primitive que seuls les athlètes de haut niveau peuvent comprendre, avant de refermer, une fois pour toutes, le livre de sa vie de combattante.


Source : MMA Fighting