L’amertume est palpable chez Dustin Poirier. Alors qu’il vient de mettre un terme à son immense carrière au sein de l’octogone, l’ancien champion intérimaire des poids légers se retrouve aujourd’hui dans une impasse juridique. Sa passion pour la boxe anglaise, discipline dont il a souvent été l’un des plus brillants ambassadeurs dans la cage, doit rester au stade du simple désir.

“The Diamond” se décrit lui-même comme étant bloqué dans un véritable « purgatoire ». En dépit de son retrait de la compétition, ses engagements contractuels avec l'UFC demeurent un obstacle infranchissable. La firme dirigée par Dana White n’a aucune intention de libérer sa star pour des aventures sur le ring, de peur qu’une telle autorisation n'encourage le reste des troupes à réclamer la même liberté.

Le groupe TKO, qui chapeaute désormais l'UFC et l'entité Zuffa Boxing, aurait pu faciliter cette transition en interne. Pourtant, le combattant louisianais assure que cette option n'est pas sur la table. Les dirigeants souhaitent que leur branche boxe soit perçue comme une institution sérieuse et autonome, loin de l'image de cirque médiatique parfois associée aux récents combats d'exhibition entre athlètes de MMA et boxeurs professionnels.

Plusieurs grands noms ont pourtant réussi cette mutation par le passé. De Francis Ngannou à Anderson Silva, certains ont trouvé la faille ou attendu la fin de leurs obligations pour toucher les bourses lucratives du noble art. Pour Dustin Poirier, la situation est différente : son nom reste associé à une exclusivité totale, verrouillée par des années de loyauté et des clauses de sortie particulièrement rigides.

Cette fermeté contractuelle illustre la volonté de contrôle total exercée par la direction de l'organisation. En refusant de laisser l'un de ses meilleurs boxeurs s'exprimer en dehors de l'octogone, la ligue verrouille sa propriété intellectuelle et protège son image de marque. Dustin Poirier, malgré son immense héritage, se retrouve ainsi contraint de laisser ses gants de boxe au vestiaire, sacrifié sur l'autel d'une politique d'exclusivité sans faille.


Source : MMA Weekly