La question de la rémunération au sein de la principale organisation de MMA reste un sujet brûlant, alimenté par ses plus illustres figures. Georges St. Pierre vient de relancer le débat en demandant publiquement aux têtes d'affiche actuelles de s'impliquer pour obtenir une meilleure répartition des gains. L'ancien double champion de l'UFC, qui a souvent contesté ses propres contrats durant sa carrière active, estime que la responsabilité de ce changement incombe désormais aux vedettes en activité.
L'analyse du Québécois repose sur le monopole absolu exercé par la ligue américaine, devenue synonyme de la discipline elle-même auprès du grand public. Lors d'un entretien avec Demetrious Johnson dans le cadre de l'émission “ TheMighyCast ”, Georges St-Pierre a comparé cette hégémonie à celle des grandes marques industrielles dont le nom remplace le produit générique. Cette puissance commerciale colossale, si elle valide la réussite des dirigeants, s'avère défavorable aux athlètes en limitant leur pouvoir de négociation.
Le combattant canadien sait de quoi il retourne pour avoir utilisé son statut au sommet de sa carrière afin de modifier le rapport de force. En 2008, l'utilisation de son attractivité médiatique avait contraint l'organisation à lui proposer un nouvel accord financier, faisant basculer ses cachets de quelques milliers de dollars à des sommes à sept chiffres.
“ C'est le rôle des athlètes populaires d'aujourd'hui de se battre, comme nous l'avons fait pour nos commissions ”, insiste Georges St. Pierre. Ce dernier rappelle avoir mené plusieurs combats de front, qu'il s'agisse de la revalorisation des bourses, de l'instauration des contrôles antidopage ou de l'amélioration de l'image publique des pratiquants à travers le port du costume lors des obligations médiatiques.
Le décalage économique reste immense par rapport aux ligues majeures nord-américaines comme la NBA, la NFL, la MLB ou la NHL, qui redistribuent environ la moitié de leurs revenus aux joueurs. L'UFC ne reverse de son côté qu'aux alentours de 17 % de ses recettes aux combattants, en dépit de la signature d'un récent contrat de droits de diffusion de 7,7 milliards de dollars avec Paramount.
L'exemple de Demetrious Johnson, parti vers l'organisation ONE après avoir refusé les conditions de la ligue américaine, illustre cette capacité à dire non. Georges St-Pierre souligne que cette liberté exige une assise financière que les athlètes moins en vue ne possèdent pas, obligés de se plier aux directives faute de ressources. Pour la légende canadienne, ses propres altercations passées avec Dana White, bien que purement professionnelles, servaient une cause collective dont le flambeau appartient désormais à la génération actuelle.
Source : MMA Junkie