Urijah Faber n'est pas du genre à arrondir les angles pour plaire à la nouvelle garde. Après son passage sur le tapis du RAF 08 face à Arman Tsarukyan, le fondateur de la Team Alpha Male a livré une analyse sans concession au micro d’Ariel Helwani. Pour le vétéran, l’Arménien se comporte comme une véritable « machine à clics », prêt à sacrifier la sécurité d'un entraînement pour alimenter ses réseaux sociaux. Faber pointe du doigt cette projection hors des limites du tapis qui, selon lui, témoigne d'une quête de visibilité au détriment de l'intégrité physique.
Sur le plan purement technique, l'analyse du vétéran est sans appel. S'il reconnaît à Arman Tsarukyan une force physique impressionnante et des moyens financiers colossaux pour s'entourer des meilleurs, il pointe un manque flagrant de fondations. La lutte de Tsarukyan, aussi efficace soit-elle en MMA, ne tiendrait pas la distance face à un pur produit du système universitaire américain comme Colby Covington. Pour Faber, le fossé entre un combattant hybride et un lutteur « All-American » reste immense.
Le choc des styles tournerait court. Urijah Faber estime qu'en lutte pure, Colby Covington ne se contenterait pas de gagner : il étoufferait Tsarukyan sous un rythme infernal. Le timing et l’agressivité offensive de l’ancien champion intérimaire des poids mi-moyens sont d’un calibre que l’Arménien n’a pas encore côtoyé. Pour Faber, l'issue est inéluctable ; la rigueur académique de la lutte américaine finirait par briser les assauts brouillons du jeune loup.
L'entretien s'est conclu sur l'évolution du milieu, Faber saluant l'opportunité offerte par le Real American Freestyle. Pour lui, voir des lutteurs percevoir des bourses équivalentes à celles de cadres supérieurs est une victoire pour le sport. Cependant, il prévient : le succès durable ne passera pas par le "clickbait" ou les provocations gratuites, mais par une rigueur technique sans faille, loin des artifices des réseaux sociaux.
Source : The Ariel Helwani Show