UFC 330


Une légende des poids légers aborde la dernière droite de son parcours avec une paix intérieure remarquable. Alors qu'il s'apprête à croiser le fer avec l'Argentin Esteban Ribovics sur la carte principale à Philadelphie, Edson Barboza ne crie pas sur tous les toits qu'il s'agit de son combat d'adieu, mais il accepte pleinement cette éventualité.

Interrogé sur son avenir et ses futurs adversaires potentiels, le natif de Nova Friburgo préfère vivre le moment présent :

« Honnêtement, je ne pense même pas à ça. Je profite juste du moment, parce que je sais que la ligne d'arrivée approche. C'est comme lorsqu'on court un marathon et que le corps est dans la dernière ligne droite, avec la ligne d'arrivée juste là. C'est pour cela que je ne me projette pas trop loin. Je me concentre uniquement sur ce combat. Ça pourrait être la ligne d'arrivée. Je ne sais pas.

Si je me sens bien, si j'ai toujours cette envie — ce qui est le plus important — et que je suis physiquement en forme pour continuer, je continuerai. Mais si ce n'est pas le cas, je suis une personne très heureuse et je suis très à l'aise avec tout ce que j'ai accompli dans ma carrière. Si je voulais m'arrêter aujourd'hui, je pourrais mettre ma tête sur l'oreiller et dormir en paix parce que je sais que j'ai donné le meilleur de moi-même. »

Auteur de 18 victoires à l'UFC avec un tableau de chasse impressionnant comprenant Dan Hooker, Beneil Dariush, Gilbert Melendez, Anthony Pettis, Paul Felder ou encore King Green, le Brésilien assure que sa décision ne dépendra pas uniquement du résultat de samedi :

« La décision se prend sur le moment. Peu importe ce qui se passe. Que ça s'arrête là, dans le vestiaire, la semaine d'avant ou ce soir, je ne sais pas. Comme je l'ai dit, je profite de l'instant. Je m'amuse encore, j'aime ce que je fais. Mais je suis prêt à tout stopper à tout moment. Il n'y a plus cette pression folle de me dire que je dois absolument me battre pour continuer à vivre. Dieu merci, j'ai pris de très bonnes décisions financières pour moi et ma famille. »

Le poids de la famille et le souvenir des parents

Au-delà de l'aspect financier ou sportif, c'est l'envie de profiter des siens qui pèse le plus lourd dans la balance. Conscient d'avoir manqué de nombreux moments précieux avec sa femme et ses deux enfants en raison de son dévouement total aux camps d'entraînement, Edson Barboza souhaite désormais accorder la priorité aux siens.

Il livre également une réflexion poignante sur la notoriété et le deuil récent de ses parents :

« On me demande souvent comment je veux qu'on se souvienne de moi. Honnêtement, si ma femme et mes deux enfants se souviennent de moi, je serai déjà très heureux. Mes parents sont décédés récemment. Je les aimais tellement, ils étaient tout pour moi. Et pourtant, il y a des jours où ils ne me viennent même pas à l'esprit, puis d'un coup ils me manquent. Alors les fans... Si dans quelques années mon fils ou ma fille regarde en arrière et se dit : 'Papa était un grand combattant', ça me suffira largement. Et si les gens se souviennent de moi, j'espère qu'ils diront simplement : 'Barboza était un vrai guerrier, dans tous les sens du terme. Un guerrier pour être un bon père, un homme responsable, et un guerrier dans la cage.' »

Un camp sans blessures après un repos inédit

Sur le plan purement physique, Edson Barboza aborde ce 39e combat professionnel dans des conditions métaboliques optimales. Pour la première fois de sa vie, après son revers contre Turner en décembre, le Brésilien s'est accordé un véritable mois de coupure mentale et physique en janvier sans toucher au combat.

« C'est la chose la plus folle de cette histoire : je ne prenais jamais de vacances. D'habitude, je combattais et je me remettais aussitôt à l'entraînement. Pour la première fois de ma carrière, à 40 ans, j'ai coupé en janvier. Et quand j'ai rattaqué en février, je me suis occupé de ma santé, de ma nutrition et de ma condition physique. D'habitude, on arrive toujours blessé dans un camp à cause du volume d'entraînement. Là, j'ai commencé le camp en étant à 100 %, sans douleurs ni blessures, et l'esprit léger. »

Face à lui, Esteban Ribovics affiche 10 ans de moins et sort d'une défaite à la décision contre Mateusz Gamrot, le coéquipier de Barboza à l'American Top Team. Le Brésilien avoue avoir récolté quelques précieuses informations auprès de Gamrot tout en s'attendant à un combat engagé :

« C'est un gars extrêmement courageux, et c'est le genre de combat que tout le monde aime regarder. Je sais qu'il va avancer, je vais avancer, et on va s'échanger des coups. Je ne serai pas surpris s'il cherche à m'amener au sol, car c'est ce que tout le monde tente contre moi, même Cerrone ou Pettis à l'époque. Je suis paré à défendre les amenées au sol pour garder le combat debout, là où j'aime être et où je suis le plus à l'aise. »


Source : MMA Fighting

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Fiche combat et prono

Edson Barboza vs. Esteban Ribovics

UFC 330 - Edson Barboza vs Esteban Ribovics