Merab Dvalishvili doit réapprendre l'art d'attendre. Réputé pour avoir été l'un des champions les plus actifs de l'histoire de l'UFC, le combattant géorgien se retrouve aujourd'hui dans la position inconfortable du prétendant suspendu aux décisions d'autrui. Après avoir échoué à défendre son titre de champion des poids coqs une quatrième fois en un an, s'inclinant par décision face à Petr Yan en décembre dernier, l'ancien roi de la division attend fermement son heure. Si son corps a eu le temps de récupérer, l'esprit, lui, est déjà tourné vers la reconquête. Malheureusement, le champion actuel ne semble pas pressé de remonter dans l'octogone.
Le flou le plus total entoure cette trilogie promise par l'organisation. Interrogé par le média MMA Fighting, Merab Dvalishvili avoue n'avoir reçu aucun signe de vie de son rival. Les rumeurs d'un retour du Russe en juin se sont évaporées, les programmations de juillet et août se précisent, mais le choc pour la ceinture reste cruellement absent des radars. Cette situation découle directement des problèmes de santé du champion. Petr Yan a dû subir une lourde intervention chirurgicale au dos immédiatement après son succès cet hiver, une victoire qui lui avait pourtant permis d'égaliser à une manche partout après sa lourde défaite lors de leur premier affrontement.
Cette convalescence prolongée paralyse les sommets de la catégorie. Merab Dvalishvili accepte son sort sans trop d'amertume, conscient que le statut de challenger n'offre pas les mêmes privilèges que celui de champion. À l'époque où il trônait sur le toit du monde, le Géorgien pouvait dicter son rythme à l'UFC et exiger des combats rapprochés. Aujourd'hui, le rapport de force a changé et la patience est devenue sa seule arme. Pour garder le rythme de la compétition, Merab Dvalishvili a choisi de s'engager avec l'organisation de lutte RAF.
Cette transition vers les tapis de lutte ne s'est pas faite sans heurts. Initialement programmé face à son ancien rival Henry Cejudo, le combat a capoté suite au forfait de dernière minute du médaillé d'or olympique. L'organisation a finalement rebondi pour le RAF 9 en proposant un nouveau défi de taille : Frankie Edgar. Si la déception de rater Henry Cejudo a été réelle, l'excitation reste entière face à un tel nom. Le vétéran américain possède de solides références universitaires en NCAA et une riche expérience d'entraîneur au plus haut niveau.
Le prétendant au titre de l'UFC aborde cette échéance avec humilité et détachement. Il rappelle que son objectif principal demeure les arts martiaux mixtes et qu'il voit cette parenthèse comme un simple divertissement face à un spécialiste. L'idée de croiser le fer avec Henry Cejudo n'est pas abandonnée pour autant. Merab Dvalishvili espère que le RAF pourra reprogrammer ce choc à l'avenir, idéalement en Géorgie pour s'offrir un retour triomphal devant son public.
En attendant que l'UFC ne clarifie l'avenir de la division, ce détour par la lutte permet au combattant de canaliser son énergie. L'inactivité est un poison pour ce bourreau de travail des salles d'entraînement qui affirme se préparer chaque jour avec la même intensité, qu'il ait une échéance officielle ou non. Pour lui, la frontière entre la vie quotidienne et un camp de préparation n'existe pas. Le message envoyé à Petr Yan est limpide : le challenger est prêt à reprendre son bien à la première occasion.
Source : MMA Fighting