Dix-sept secondes de combat auront suffi à terrasser les espoirs de tout un clan. Pour son grand retour à la compétition après dix-sept années d'une absence consacrée aux plateaux de tournage hollywoodiens, Gina Carano a mesuré la cruauté du sport de haut niveau. Face à elle, Ronda Rousey n'a pas laissé de place au sentimentalisme lors de la soirée inaugurale de l'organisation MVP MMA. Une amenée au sol tranchante, une transition immédiate vers sa célèbre clé de bras, et l'affaire était pliée.
Cette issue abrupte laisse un goût amer au clan de l'ancienne prêtresse du MMA. John Wood, entraîneur principal du Syndicate MMA à Las Vegas, ne cache pas son immense déception après un investissement de six mois en haute altitude. Le technicien affirme que sa protégée affichait une condition physique étincelante, forgée par une discipline de fer sur la balance et une acuité technique retrouvée lors de la semaine précédant le choc.
La réalité de la cage a balayé les certitudes nées à l'entraînement. Selon John Wood, la stratégie initiale consistait à s'inspirer de la démonstration de force de l’ancien double champion Amanda Nunes en 2016. L'objectif était de s'extirper de la pression initiale, de travailler à distance derrière un jab percutant et de faire tourner le chronomètre durant les deux premières minutes pour émousser l'agressivité naturelle de Ronda Rousey.
Un coup de pied imprévu a pourtant brisé cette belle mécanique dès le premier échange. Ronda Rousey s'est projetée telle un missile pour capitaliser sur cette infime ouverture. Le mentor de Gina Carano rappelle d'ailleurs que la championne olympique de judo reste une spécialiste hors norme, capable de punir la moindre approximation en un battement de cils, comme elle l'avait déjà prouvé à maintes reprises au cours de sa carrière.
Face aux accusations de complaisance ou de combat truqué qui fleurissent sur les réseaux sociaux après une fin si rapide, le coach s'indigne avec force. La détresse de Gina Carano dans les vestiaires témoigne de l'authenticité de sa démarche. Privée de l'opportunité d'échanger les coups de poing destructeurs qu'elle affectionne, l'athlète a quitté l'arène le cœur brisé, habitée par le sentiment douloureux d'avoir déçu ses proches.
L'histoire ne s'arrêtera peut-être pas sur ce constat d'inachevé. Si une revanche contre Ronda Rousey semble définitivement exclue, John Wood refuse de condamner l'avenir de sa combattante dans la cage. Cette préparation intensive a réveillé une passion que l'on croyait éteinte. Métamorphosée physiquement et épanouie au quotidien dans l'ambiance du gymnase, Gina Carano pourrait bien s'offrir une ultime chance de quitter la scène sur une note plus conforme à sa légende.