La question de la rémunération au sein de l'UFC revient brûler l'actualité après les prises de position tranchées de plusieurs figures historiques de l'octogone. Henry Cejudo et Kamaru Usman ont profité de leur dernier podcast pour disséquer les mécanismes qui maintiennent les salaires à un niveau qu'ils jugent dérisoire par rapport aux profits générés. Pour Henry Cejudo, le problème est avant tout comportemental. Il regrette que la majorité des athlètes préfère jouer cavalier seul plutôt que de s'unir pour exiger une redistribution plus juste, calquée sur le modèle de la NBA ou de la MLB.

L'ancien double champion souligne que si les combattants connaissaient réellement les marges de l'organisation, leur approche des négociations changerait radicalement. Il pointe notamment du doigt la responsabilité des managers qui échouent à créer un front commun. Cette désorganisation conduit à des situations précaires où des athlètes de classe mondiale, à l'image d'Alexandre Pantoja par le passé, sont contraints d'exercer des petits boulots de livraison pour boucler leurs fins de mois entre deux apparitions dans la cage.

De son côté, Kamaru Usman s'interroge sur la gestion contractuelle de certaines stars actuelles. Le cas d'Alex Pereira, qui a récemment paraphé un engagement portant sur huit nouveaux combats, l'interpelle particulièrement. Henry Cejudo se demande quelle est la logique derrière une telle durée de contrat, surtout quand le combattant se dit prêt à accepter n'importe quelle directive de la direction. Pour lui, cette attitude de bon soldat, bien que louable sur le plan de la relation humaine, fragilise la position de force des autres prétendants du top 5 qui cherchent à obtenir de meilleures conditions.

Le contraste avec les autres sports majeurs reste l'argument le plus frappant de leur démonstration. Kamaru Usman juge aberrant qu'un combattant du calibre de Jon Jones, considéré par beaucoup comme le plus grand de l'histoire, doive encore exprimer des griefs financiers. Pendant ce temps, des joueurs de banc en NBA dont le nom reste inconnu du public perçoivent des revenus garantissant la fortune de leur lignée sur plusieurs générations. Malgré ces critiques acerbes, les deux hommes assurent ne pas vouloir la chute de l'institution. Ils comparent l'UFC à la NFL, une entité indispensable dont la disparition laisserait un vide immense, mais appellent à une réforme urgente pour que la richesse ruisselle enfin jusqu'au bas de la pyramide.


Source : MMA Fighting