L'amertume s'est enfin dissipée, laissant place à l'excitation pure du tapis. Écarté sans ménagement par les dirigeants du BKFC en fin d'année 2025 alors qu'il s'apprêtait à disputer un combat de boxe à mains nues contre Jimmie Rivera, Frankie Edgar avait légitimement un goût amer en bouche. L'organisation américaine avait alors évoqué des motifs médicaux fallacieux pour annuler sa participation à une semaine de l'échéance, alors même que l'ancien champion avait validé tous les examens de la commission athlétique. Une volte-face financièrement et moralement douloureuse qui avait poussé le vétéran à rejeter poliment les premières propositions de Clay Guida pour une confrontation en lutte.
Le temps a fait son œuvre et la structure Real American Freestyle a su raviver la flamme de la compétition chez le natif du New Jersey. À 44 ans, l'ancien double champion de l'UFC effectuera ses grands débuts dans cette discipline le 30 mai prochain au College Park Center d'Arlington, au Texas, lors du RAF 09. L'Américain ne s'est pas facilité la tâche pour son retour aux affaires puisqu'il se mesurera à Merab Dvalishvili, l'un des athlètes les plus étouffants de la planète en matière de grappling.
Ce format innovant séduit de plus en plus de figures des arts martiaux mixtes, offrant une opportunité unique de capitaliser sur leur notoriété sans subir les traumatismes liés aux frappes. Pour Frankie Edgar, cette ligue comble un vide essentiel dans le paysage sportif actuel, permettant aux spécialistes de la lutte universitaire de décrocher des bourses significatives en se mesurant à des grands noms de l'UFC. Chris Weidman sera d'ailleurs aussi de la partie lors de cette soirée texane.
La préparation bat son plein sur ses terres natales pour chasser la rouille accumulée depuis deux décennies sans pratique exclusive de la lutte pure. Conscient du rythme infernal imposé par son adversaire géorgien, le vétéran s'est entouré des meilleurs techniciens locaux, fréquentant assidûment les tapis de l'université de Rutgers aux côtés d'Anthony Ashnault et de Sebastian Rivera, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Le défi s'annonce titanesque, mais la résilience de la légende américaine reste entière.
Source : MMA Junkie